Ce dossier est en grande partie similaire à la page wikipédia, mais ce n’est pas du « pompé » car c’est aussi moi qui en suis l’auteur à 80%  😉
J’ai découvert le skimboard en 1986, et même si je n’ai jamais été un bon pratiquant (pas assez de vitesse dans les jambes…) ça a été ma vie (avec le surf) depuis cette date. Je suis à gauche (le grand maigre) sur cette photo prise à Soulac/mer (Gironde 33) en 1988.

soulac coupe EDEN 1988

 

Le skimboard est un sport de glisse qui consiste à surfer sur une vague en se lançant de la plage. Le nom vient du verbe anglais to skim (écumer, écrémer, frôler) et de board (planche), comme dans surfboard (planche de surf), un skimboard est donc littéralement une « planche à frôler/écumer » car elle plane au ras de l’eau et dans l’écume du bord.
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HISTORIQUE:

Cousin du surf, le skimboard est apparu États-Unis dans les années 1930, en provenance de Polynésie (Hawaï etc…). Il est impossible de dire quand il est né dans ces iles, peut-être en même temps que le surf ?
Il s’agissait alors d’une simple planche de bois massif aux bords vaguement arrondis, genre morceau de palissade. Voici la première photo connue, en 1929 à Laguna Beach (Californie):

skim origine

La Seconde Guerre mondiale apporta sa contribution au développement du skimboard grâce à l’invention du contreplaqué, ce qui permit aux planches de devenir plus fines et légères.
La petite histoire dit que le skimboard moderne en sandwich fibre de verre aurait été découvert par hasard, à Laguna Beach aussi (c’est la Mecque du skim US, normal) , par un lifeguard qui aurait lancé sa planche de surf cassée (donc sans ses dérives) au bord de l’eau et s’en serait servi comme d’un skimboard. Cela allait insuffler une nouvelle jeunesse à ce « vieux » sport.

ARRIVÉE EN FRANCE:

Le skimboard arrive sur les plages françaises vers 1960, sur la côte basque, sous sa forme la plus basique: un simple disque de contreplaqué de 60/70 cm de diamètre nommé commercialement « RONDO » (rond d’eau) mais reste un jeu marginal qui finit par tomber dans l’oubli. J’ai vu une photo de Joël de Rosnay faisant du Rondo sur la Grande plage de Biarritz en 1960, impossible de la retrouver mais on m’a fait passer le lien vers une vidéo d’archive INA « Actualités télévisées de 1966 », avec du surf, du skate (folklorique…), et du skim appelé « soucoupe », à 00:00:50.
 Je me rappelle aussi d’une pub télévisée française des années 70/80 pour Coca-Cola, avec une fille sexy (sans blague …) glissant sur un « Rondo » peint comme une capsule métallique de bouteille de Coca.

C’est seulement au tout début des -80’s qu’il fait son retour réel sur nos plages, en suivant le boom du surf. D’abord sous son aspect classique de planche de contreplaqué, de forme ovale cette fois (voir photo « Podium »), puis rapidement (1985/86) avec la nouvelle technologie sandwich/composites, fabriquée à partir d’un pain de mousse (foam en anglais) de polyuréthane léger, stratifiée comme une planche de surf (fibre de verre et résine) et appelée « FOAMIE » . Il s’agissait alors uniquement de planches américaines, Philippe Hervé distribution à La Rochelle en assurant la distribution (très limitée !) pour la France. Eric Gros, boss du magasin Hawaï Surf à Paris, en rapportait aussi quelques-unes avec lui en revenant de Californie.
Mais c’était vraiment confidentiel comme distribution, très loin du grand public !
Dans la foulée, quelques fabricants/Shapers français, dont EDEN skimboards (j’ai fabriqué ma première planche en bois en 1986), se lancèrent sur le créneau, et contribuèrent à démocratiser ce sport en faisant baisser les prix par rapport aux imports USA.

 

En 1988 le premier Championnat de France de skimboard est organisé par Robert Rabagny du club de surf des Ours Blancs à Biarritz, et réunit une petite dizaine de compétiteurs, avec un niveau technique pas toujours glorieux…

A la même époque en Californie c’était un autre monde ! Le skimboard y était déjà bien implanté, et le niveau technique excellent. Pour preuve, un reportage TV de 1986 « A day at the beach » (à 01:14) sur le skim à Laguna beach.

En 1992, la discipline intègre la Fédération française de surf, la licence sportive « surf » devient donc valable pour le skimboard, et obligatoire pour participer aux compétitions. A ce sujet il est regrettable de constater que depuis cette date la fédé n’a RIEN fait de concret pour aider le skim à se développer :((
Petit à petit le skimboard commence quand même à se faire connaître plus largement, profitant de l’engouement pour les sports de glisse, et a même droit à quelques reportages sur FR3 (je dois mettre la vidéo en ligne bientôt).
Coté matos, grâce à l’apparition de nouveaux matériaux plus performants (la mousse de PVC expansée waterproof, surtout, en remplacement de la polyuréthane qui prenait l’eau !), de nouvelles planches voient le jour, offrant plus de solidité et de portance, et élargissant le champ d’action de l’engin.
Podium du championnat de France 1990, plage de la Milady. 1° Eric Besson et 4° Cyril Hemmer, tous les deux team EDEN.

podium ch-fr 1990 reduit

 

TECHNIQUE:

Le phénomène qui permet au skimboard de glisser est l’aquaplaning (hydroplanage). En effet, lorsque le skimboard est animé d’un léger mouvement, une fine pellicule d’eau (moins de 1 cm d’eau) s’accumule entre sa surface et le sable. Le comportement de l’engin est alors comparable à celui d’une savonnette sur du carrelage mouillé. On peut glisser très loin même avec une faible vitesse de course avec ce principe car le sable « porte » la pellicule d’eau qui « porte » la planche, sur le même principe que les véhicules à coussin d’air (là c’est un « coussin d’eau »).

En revanche si l’on veut aller plus loin du bord, dans de l’eau profonde, l’aquaplanning ne marche plus et la planche se retrouve (et le skimboardeur avec) dans la situation d’un ski nautique (ou d’un wakeboard/flysurf/caillou en ricochet, etc…). Si la vitesse est trop faible la planche coule immédiatement car sa flottabilité est minime et complètement insuffisante pour porter un homme (comme un ski nautique à l’arrêt), seule la vitesse la maintient en « planning ». La pratique devient donc beaucoup plus difficile et technique, mais aussi plus intéressante.

Il existe donc deux types de pratique de cette discipline, cohabitant au gré des marées.

  • La première est le Flat, qui se pratique à marée basse et généralement avec de simples planches en bois . Les vagues, qui se retirent lentement, laissent de grandes étendues de sable plat (d’où le nom « Flat ») recouvert d’une mince couche d’eau (moins de 1cm, pour bien glisser). Le rider lance sa planche devant lui, la rattrape en courant et saute dessus. À partir de là, il peut glisser tout droit ou enchainer des figures (tricks) le plus souvent inspirées du skateboard. C’est la pratique des débutants, très facile pour s’initier au skimboard, et ne nécessitant pas une planche sophistiquée ni beaucoup de technique.
  • L’attaque du Shore break (vague qui casse sur le bord de plage) est la « vraie » pratique de ce sport. Elle nécessite une planche en composite (plus chère qu’une planche en bois) et une bonne technique. Dans ce cas, le skimboardeur court, planche à la main, vers la vague qui va dérouler. Dans son élan, il lance sa planche sur le sable recouvert d’une pellicule d’eau laissée par la vague qui se retire au bord, et tout de suite après il monte dessus, en pleine course, et profitant de l’inertie du mouvement continue à glisser avec elle sur l’eau plus profonde afin d’aller percuter la vague suivante en réalisant des figures très similaires à celles du surf.

La configuration de la plage et les conditions de vagues doivent bien sûr s’y prêter, ce n’est pas possible partout, cependant il est plus facile de trouver sur nos côtes un « spot » (endroit connu pour ses bonnes vagues) correct pour faire du skimboard que pour pratiquer le surf ou le windsurf (voir onglet « Carte des spots » )

La pratique de ce sport peut être assez physique, il faut être bon coureur, supporter un rythme soutenu (courir sur du sable n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire), et ne pas avoir peur des chutes.